Dr. Sékou Koureissy Condé, Président de la CANEG, Convention des acteurs non Etatiques de Guinée, une plate -forme de la société civile guinéenne.

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J’aurais souhaité que le Chef de L’Etat et le Chef de file de l’opposition se rencontrent à la fin d’un processus technique, c’est à dire un cadre préalable de concertation, avec la bénédiction du Chef de L’Etat.

Docteur Sékou Koureissy Condé est un leader de la société civile Guinéenne. Il est le Président de la Convention des acteurs non Etatiques de Guinée, CANEG.

Ses multiples initiatives de paix, son implication dans la facilitation du dialogue en Guinée et en Afrique lui donnent une position d’impartialité. Ce qui lui confère beaucoup de sollicitations et de déplacements à travers le monde. Acteur majeur de la vie politique et de la société civile guinéenne, il fut le tout premier Médiateur de la République en Guinée après avoir été secrétaire Général du conseil National de la transition jusqu’en 2011.

Actuellement Directeur Exécutif du Cabinet Panafricain African Crisis Group, Docteur Condé ne rate aucune occasion pour parler de paix, de dialogue, de pardon et de réconciliation.

 

Bonjour Monsieur Koureissy, Bonjour Monsieur Bangoura !

Que pensez-vous de la dernière manifestation du 16 août dernier qui a été considérée par beaucoup d’observateurs comme une démonstration de force de l’opposition ?

Dr Koureissy Condé : Ce fut effectivement une grande mobilisation élargie et je suis très heureux de la réaction du pouvoir public face à ce signal fort. Aussi, j’ai remarqué une certaine avancée dans le sens de l’organisation. Et pour ce que nous appelons manifestation pacifique. Des rencontres préalables ont eu lieu, notamment entre le Gouverneur de Conakry et les acteurs politiques concernés. J’ai aussi admiré le courage du ministre de la Sécurité suite à la balle meurtrière qui a fauché un de nos compatriotes. Mais malgré ces efforts de part et d’autre, le bilan officiel faisait état d’une personne décédée par balles au quartier Bambéto et de douze (12) personnes blessées. Ce qui veut dire qu‘il y’a encore beaucoup d’efforts à faire. La vie humaine est très précieuse et une manifestation n’est pas faite pour tuer, pour saccager les biens d’autrui ou pour jeter les pierres; on ne le dira jamais assez.

Vous avez fait une déclaration invitant le Président de la République à s‘impliquer personnellement afin de donner toutes les chances au dialogue politique. Est-ce que vous pensez avoir été entendu ?

Dr. Sékou Koureissy Condé : Le crédit de la réussite du dialogue et de la paix est pour le Président de la République avant tout. Pour le reste, je suis un citoyen qui donne simplement un avis sur des questions d’intérêt national et dans un domaine précis, c’est à dire la construction du dialogue et la consolidation de la paix. Je ne revendique aucun mérite personnel par rapport à cela. La paix, la réconciliation et la sécurité concernent la vie de tout un chacun et cela pose, en même temps, une question d’avenir pour le pays. Je salue sincèrement  l’invitation faite par le Président au Chef de file de l’opposition.

Pensez-vous que cela va aboutir à quelque chose ?

Sékou Koureissy Condé : Absolument, une rencontre dans la paix est toujours une avancée. Toutefois, de part et d’autre, c’est à dire du côté de la mouvance comme celui de l’opposition, il faut tout faire pour éviter que ce dialogue politique ne se transforme en dialogue tactique. Historiquement, il serait dommage de faire tout ça, rien que pour gagner du temps ou juste pour montrer que c’est la faute de l’autre. Il faut aller au but. Le dialogue n’est pas qu’un sujet électoral, il doit être permanent et rassurant. Dans le contexte guinéen, j’aurais, par exemple, souhaité que le Chef de l’Etat et le Chef de file de l’opposition se rencontrent à la fin d’un processus technique. Un cadre de concertation pour éplucher tous les points de revendication et les questions fâcheuses d’abord, avec la bénédiction du Chef de l’Etat. Etant entendu que tous les points sont abordables, sauf les commentaires liés au départ du départ du Président. Cette question ne se pose pas aujourd’hui et ne relève des points à l’ordre du jour du dialogue politique, elle a été tranchée en 2010 et en 2015. Mais encore, une fois, l’essentiel est d’aboutir à des rencontres rassurantes et bénéfiques pour toutes les parties concernées et pour tout le pays. Le Professeur Alpha Condé et El hadj Cellou Dalein Diallo se connaissent et peuvent se parler normalement.

Votre message…

 Dr. Sékou Koureissy Condé : Nous sommes tous des guinéens et notre pays est très riche. Pour en profiter, il faut la paix, la stabilité et la sécurité et la justice pour tous.

 Interview réalisée par Ibrahima Sory Bangoura

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