Démissions de cadres et militants de l’UFDG en Angola : ‘’C’est pour faire du buzz’’, selon le fédéral du parti

Des membres de la fédération de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) en Angola ont présenté leur démission dans un courrier adressé, le 31 décembre 2019, à Cellou Dalein Diallo. Dans entretien accordé à VisionGuinee, Moustapha Diallo, le secrétaire  fédéral, affirme que ces derniers ne faisaient plus partie des rangs du parti depuis un bon bout de temps. Lisez !

VisionGuinee : Bonjour M. Diallo, comment réagissez-vous à la démission d’une trentaine de militants de l’UFDG en Angola ?

C’est un non-évènement. Ils sont habitués des faits. C’est pour faire du buzz. Thierno Diouldé Diallo, qui est à l’origine de cette lettre de démission, a été à un moment donné membre de la fédération de l’UFDG en Angola où il est arrivé en 2013. Il a été intégré à la fédération, mais il se trouve que nous n’avons peut-être pas les mêmes convictions, puisqu’il ne s’entendait pas avec la fédération.

Pour la petite histoire, c’est en 2015 qu’ils ont commencé à créer des problèmes au sein de la fédération. Ils étaient partis en Guinée pour une mission lors des élections. Nous les avons déployés sur le terrain pour aider le parti dans le processus électoral. Diouldé et un de ses amis sont revenus en Angola avec des idées contraires à celles du parti. Ils ont voulu créer une entité parallèle, parce qu’ils estimaient que la fédération ne travaille pas, après que leur mission en Guinée se soit soldée par un échec. Puisque le jour des élections, Diouldé s’est mis à insulter des gens en Haute Guinée.  De retour en Angola, ils ont créé une structure parallèle en disant que la fédération ne fait rien pour le parti. Ils coptaient des militants par-ci par-là, pour créer une fraction dissidente.

Quelle était la position de la direction nationale de l’UFDG sur l’idée de créer une nouvelle fédération ?

Le parti s’est opposé à la création d’une structure parallèle. Nous avons suspendu Diouldé et ses deux acolytes. Quand nous tenons des réunions, ils les boycottent. Ils  se sont rapprochés des secrétaires généraux des sections de l’UFDG, croyant pouvoir les manipuler. Ils ont trompé ces secrétaires généraux en leur racontant que le mandat du bureau fédéral est terminé et adressé une lettre à la direction nationale du parti.

Dans leur lettre de démission, on dénombre 31 militants et responsables de l’UFDG ayant décidé de jeter l’éponge. Cela ne risque pas de fragiliser votre parti en Angola ?

Pas du tout. Sur les 31 personnes qui sont inscrites sur la liste des démissionnaires, si vous les interrogez, beaucoup vous diront qu’ils ne savent même pas de quoi il s’agit. Ils annoncent 31 démissionnaires, mais le nombre ne dépasse pas 3, à la rigueur 5.

Le parti perd tout de même des responsables en Angola…

Non, dans la lettre de démission, Diouldé Diallo se réclame deuxième secrétaire administratif de l’UFDG en Angola. Ce qui est faux. C’est moi qui étais le premier secrétaire administratif, Elhadj Telly Oury Camara était mon adjoint et lui Diouldé était le troisième secrétaire administratif.

Thierno Diouldé Diallo visait le poste de secrétaire fédéral que vous occupez aujourd’hui. Il affirme que des sages ont pesé sur la balance pour l’amener à retirer sa candidature. Qu’en est-il ?

En réalité, Diouldé est un sans-papiers. Les textes du parti sont clairs. Pour se porter candidat à un poste, il faut jouir de ses droits civiques. Quand un sans-papiers veut diriger une grande fédération, comme celle de l’UFDG en Angola, c’est un gros handicap pour le parti. Lors d’une réunion technique, on a demandé à tous les responsables du parti s’ils sont d’accord que quelqu’un qui n’a pas de papiers légaux dirige la fédération. A plus de 90%, les responsables ont voté non. Seules deux personnes se sont abstenues. Pour être élu, il faut avoir la possibilité de se mouvoir. C’est comme ça que sa candidature n’a pas été retenue par les affaires électorales. Je me suis présenté et j’ai été élu à la tête de la fédération.

Quelle a été sa réaction ?

Vu que sa candidature n’a pas été retenue pour le congrès du 4 novembre 2018, il a décidé de mettre en place une nouvelle fédération de l’UFDG. J’ai pris attache avec la direction nationale pour vérifier s’il a reçu l’autorisation d’installer une deuxième fédération du parti en Angola. On m’a instruit de lui demander de fournir un seul document qui l’autorise à agir ainsi. Il m’a répondu qu’il n’est plus responsable, mais simple militant. Par la suite, lui et certains de ses amis sont allés au sein de la section Palanca.

Tout en continuant à servir l’UFDG ?

Non, ils ont fini par être démasqués de la plus belle des manières. On a découvert qu’ils tenaient  des réunions pour installer l’Union pour la démocratie et le développement (UDD). J’ai convoqué une assemblée extraordinaire qui a réuni 236 délégués pour prendre une décision. Pas moins de 234 voix ont voté pour. Le bureau les a poussés à quitter la section. C’est après cela qu’ils ont publié une lettre pour annoncer leur démission.

Pour finir, vous ne regrettez pas leur départ des rangs de l’UFDG ?

Sans eux, le parti se porte bien, nous n’avons aucun problème. Nous œuvrons pour l’instauration d’une véritable démocratie dans notre pays.

Par Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info

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